Il y a des journées qui ne ressemblent à aucune autre. Ce vendredi 5 juin 2026, sous un ciel de Kribi alternant pluie tropicale et soleil équatorial, quelque chose d’historique s’est produit dans la zone de Mboro .Loin des projecteurs, au bord de l’Atlantique, les pieds dans la boue d’un chantier qui deviendra demain l’une des infrastructures énergétiques les plus stratégiques d’Afrique centrale.
Véronique Manzoua Epse MOAMPEA MBIO, Directeur Général de la SCDP, et Patrice MELOM, Directeur Général du Port Autonome de Kribi, ont foulé ensemble le site du futur Terminal à Hydrocarbures de Kribi (THK). Pas pour une photo de circonstance. Pour prendre la mesure exacte, mètre par mètre, de ce que leurs équipes sont en train de bâtir pour le pays.
Un projet né de la vision, mûri par la rigueur
Le THK n’est pas un projet sorti de nulle part. Il est le fruit d’une trajectoire longue et exigeante : lancé dès 2008 par la SCDP, soutenu par une concession gouvernementale obtenue en 2015-2016, formalisé par un protocole tripartite signé en décembre 2025 entre la SCDP, le PAK et PARLYM/NEGRI, et finalement consacré le 26 mai 2026 par le Très Haut Accord du Président de la République S.E. Paul BIYA pour son financement et son exploitation.
Dix-huit ans de maturation. Un seul cap : faire du Cameroun un État énergétiquement souverain.
Ce que Kribi rend possible, et nulle part ailleurs

Pourquoi Kribi ? Parce que la géographie a ses raisons que la logistique connaît bien.
Là où le port de Douala-Bonabéri, port fluvial, nécessite trois rotations de navires pour absorber un volume qu’un seul géant des mers peut livrer à Kribi, le port en eau profonde du département de l’Océan change radicalement l’équation. Des navires pétroliers pouvant transporter jusqu’à 80 000 tonnes pourront y accoster directement. Trois fois moins de rotations. Trois fois moins de frais portuaires. Trois fois moins de délais.
Le futur terminal s’étendra sur près de 30 hectares, avec un quai pétrolier de près de 2 kilomètres, trois bras de chargement pour le pétrole brut et les produits raffinés, et un pipeline de 900 mètres reliant le quai à une station manifold ,véritable nœud de distribution où industriels et opérateurs pourront se connecter.
Ses capacités techniques parlent d’elles-mêmes :
• 140 000 m³ de stockage en hydrocarbures liquides
• 12 000 tonnes métriques de stockage GPL, extensibles à 30 000 d’ici 2050
• 16 mètres de tirant d’eau
• 5 millions de tonnes traitées par an au démarrage, puis 10 millionsUn terminal, des ambitions continentales
La SCDP sera le premier opérateur du terminal, pour sécuriser et pérenniser l’approvisionnement national. Mais le THK est pensé bien au-delà des frontières camerounaises.
Le PAK dispose des capacités foncières et infrastructurelles pour accueillir plusieurs partenaires simultanément. Kribi se positionne ainsi comme la porte énergétique de l’Afrique centrale et de la façade ouest-africaine :un hub continental à l’image des grandes places portuaires du monde.
« Si ce terminal n’est pas fait, aucun des projets en aval ne peut exister », a tranché Patrice MELOM lors de la séance de travail matinale. Une formule qui dit tout sur l’effet structurant de ce projet pour l’écosystème industriel de toute la sous-région CEMAC.
La souveraineté énergétique : de l’ambition à la réalité
Derrière les chiffres et les tonnes métriques, le THK répond à des enjeux concrets et urgents : mettre fin aux ruptures de stock chroniques, réduire la dépendance au bois de chauffe, alléger les dépenses publiques d’importation, et garantir un approvisionnement stable en GPL pour des millions de foyers camerounais.
« Depuis notre arrivée au Top Management, notre objectif est de rendre le Cameroun souverain et indépendant énergétiquement. Notre fierté nationale en dépend. Nous sommes en très bonne voie. »
— Véronique Manzoua Epse MOAMPEA MBIO, Directeur Général de la SCDP
« Ce projet commun entre le PAK et la SCDP est une réponse concrète à l’urgence d’aujourd’hui et une garantie pour la souveraineté énergétique de demain. »
— Véronique Manzoua Epse MOAMPEA MBIO
30 mois. Et l’histoire change.
Les travaux sont estimés à 30 mois. Dans 30 mois, le Cameroun disposera d’une infrastructure que peu de pays africains peuvent revendiquer. Une infrastructure qui ne sera pas seulement une fierté nationale mais aussi un levier de puissance régionale, un argument de souveraineté, une réponse durable aux défis énergétiques d’aujourd’hui et de demain.
La SCDP, initiateur, maître d’ouvrage et futur gestionnaire du THK, assume pleinement ce rôle historique. Celui d’un opérateur d’État à la hauteur des ambitions d’un Cameroun émergent
